Robinsons à Santa Luzia

Robinsons à Santa Luzia

 

 

Samedi 15 janvier 2011, Sahaya s’engage dans le détroit entre São Vicente et Santo Antao, en direction du sud-ouest. Avec le rétrécissement, la houle est assez forte, heureusement ample, et après la sortie de la baie de Mindelo, nous la prenons par l’arrière. La côte sud et montagneuse de São Vicente bloque l’alizé sur sa route, et il s’engouffre alors en bourrasques rageuses dans les échancrures du relief. Par précaution Philippe a pris un ris dans la grand voile, et l’on saute ainsi de molles en venturi tant que l’on reste sous le vent de l’île. Passée la pointe sud-est, l’alizé s’en donne à cœur joie, et c’est dans des conditions musclées, au près sous 2 ris et dans la houle, que nous traversons vers Santa Luzia.

 

Le phare de San Pedro vu de la mer

 

Nous arrivons dans la zone de mouillage de Praia de Palmo a Tostão en fin d’après-midi. Prudence … La cartographie est plus que sommaire, et on s’avance vers la plage au ralenti en scrutant d’éventuels et traitres cailloux. Nous mouillons par une dizaine de mètres de fond près de l’Ilhéu Zinno, un gros caillou apparemment poissonneux car on verra plusieurs barques de pêcheurs et même un petit chalutier travailler autour. Philippe plonge voir l’ancre, elle s’est coincée sous une roche et la chaîne fait le tour d’un caillou, ça devrait tenir et résister aux grosses rafales de vent qui peuvent venir de toutes les directions.

Voilà donc Santa Luzia, île déserte, moins de 12 km de long, l’une des plus petites du Cap Vert. Devant nous, une longue plage de sable blond, et en arrière plan, des reliefs qu’il va falloir aller arpenter. Nous sommes le seul bateau : Robinsons ! Ahhhh ! Mais que voit-on ? Un ennemi s’approche, un catamaran en plus, et allemand en plus !! Ça y est, le charme est rompu … Bon, n’exagérons pas, il mouille à distance respectable …

 

Le lendemain matin, c’est parti pour la découverte de notre nouveau domaine. Nous débarquons en annexe avec Laure et Jean-François. Débarquement plus rapide que prévu car un rouleau mal intentionné remplit l’annexe par l’arrière et l’emmène en surf rapide s’échouer sur la plage en l’ayant délestée de ses occupants. Chacun sa découverte à son rythme, notre équipe s’égaye, Philippe et moi partons pour un footing de luxe le long de la grande plage, puis en remontant une large ravine qui nous fait entrevoir les dunes de sable de la côte est. Santa Luzia n’a pas toujours été déserte, des vestiges de deux villages sont encore visibles, murs de maisons, réservoirs d’eau. Ce ne devait pas être facile pour l’eau, on repère deux petits trous maçonnés creusés dans les alluvions des ravines proches des villages, mais l’eau est saumâtre. L’après-midi, nous montons au sommet de l’île avec Laure. A un peu plus de 300 m de haut, la vue fait le tour de l’île. On voit bien les dunes de sable éolien venu de l’Afrique qui occupent la côte est.

 

Embarquement : gare à la vague scélérate !

 

Souquez ferme matelots !

 

Bien arrivés au bateau !

 

São Vicente vu depuis Santa Luzia

 

Footing inoubliable ...

 

Vers le sommet

 

Sahaya au mouillage vu de haut

 

Vue vers l'est

 

 

Retour vers la plage sous une belle lumière

 

 

 


Au matin, mauvaise surprise : les rafales de vent ont été telles que l’annexe a fait des tonneaux pendant la nuit, et les 3 pagaies que nous avions eu l’imprudence de laisser dedans sont perdues … Balade de l’après-midi vers les dunes et la plage côté nord-est, exposée au vent dominant. L’océan vient y dégueuler une petite partie de ce qu’on lui fait ingurgiter. Toute petite, infime partie. Mais largement de quoi défigurer une plage : filets de pêche, bouteilles, bidons, … Tout ces détritus qui sont là pour des années et qui continueront d’arriver encore très longtemps … Revenons vers les dunes, où chaque caillou, chaque vestige de coquillage, crée sa propre petite dune sous le vent, comme une réplique miniature de la grande. Le sable soudé par le vent a fossilisé des tiges de plantes, des branches, dont il ne reste plus que la gangue externe. On remarque peu d’animaux, à part des oiseaux : des moineaux, des rapaces, des échassiers, dont un « rol-do-mar », l’équivalent de notre « tourne-pierres ».

 

La voiture lestée de cailloux au parking de la plage

 

 

Dans les dunes ...

 

Fossiles végétaux de sable

 

L'étendue des dégâts ...

 

?

 

Retour par les dunes

 

Mardi, l’harmattan vient envelopper Santa Luzia dans son voile de sable rouge, faisant disparaître São Vicente et Santo Antao, pour rendre l’île plus déserte encore. La lumière est étrange, diffuse, avec un halo autour du soleil. Dernier repas du soir au mouillage, sous les étoiles.

 

 

Dans le voile de l'harmattan

 

Mercredi 19 janvier, après une plongée rapide près de l’Ilhéu Zinno, nous quittons Santa Luzia en direction de São Nicolau.



04/02/2011
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